Espace Lacroix

L'Espace Lacroix

 

http://www.pierrefitte-sur-sauldre.fr/img/lacroix2.jpghttp://www.pierrefitte-sur-sauldre.fr/img/lacroix1.jpgCes lignes sont dédiées à la mémoire de Monsieur LACROIX, Officier de la Légion d'Honneur, Chevalier du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Maire de PIERREFITTE de 1893 à 1911, fondateur de "la propriété hospitalière de PIERREFITTE".

Le Conseil Municipal a adopté pour les maisons de la Commune, rénovées . en même temps que leur environnement, la nouvelle dénomination "ESPACE LACROIX" en hommage à Monsieur Adolphe LACROIX, fondateur de cette ouvre.

L'Espace LACROIX a été inauguré le 5 Juillet 1991 par Monsieur le PREFET DE Loir-et-Cher, en présence de nombreuses personnalités et du public.

La presse régionale s'est amplement fait l'écho de cette manifestation a l'issue de laquelle, à la salle des fêtes, Monsieur CARLIER, précédent Maire, a reçu de Monsieur SELLIER, les insignes d'Officier du Mérite Agricole.

http://www.pierrefitte-sur-sauldre.fr/img/lacroix6.jpgIl m'a paru difficile d'apporter un complément un tant soit peu original à cette information déjà dense, portant sur un événement récent vécu par beaucoup d'entre nous. Par contre, ce serait, m'a-t ‘il semblé, ajouter à la reconnaissance due au donateur des maisons de la Commune que d'essayer de rassembler quelques éléments permettant de répondre, serait-ce succinctement, à cette simple question : qui était Monsieur Adolphe LACROIX ?

La question n'est anodine qu'en apparence car, aussitôt posée, j'ai réalisé combien il est ardu d'explorer le passé, même relativement proche. J'ai mesuré une fois de plus le bien-fondé de la maxime qu'un prédécesseur de Monsieur LAURE au siège de maire a fait graver sur la stèle qu'il se destine au cimetière de Pierrefitte : "L'oubli des vivants fait mourir les morts".

 

Adolphe LACROIX est né en 1833. (Le rêve napoléonien a définitivement sombré à Waterloo 18 ans auparavant, l'Empereur est mort à Sainte-Hélène en 1821, Louis-Philippe est roi des Français depuis trois ans).

Après un brillant cycle secondaire sanctionné par le baccalauréat avec mention à 16 ans, il effectue des études scientifiques qui lui valent un diplôme de chimiste. Parallèlement il suit les cours de l'École de Sèvres, qui était, à l'époque, rattachée à la Manufacture Nationale de Porcelaine, et formait les artistes porcelainiers. Cette double formation technique et artistique, jointe à ses dons naturels, 1'amène à inventer ce qui sera le grand'oeuvre de sa vie : le crayon pastel vitrifiable. Ce crayon, qui existe en 18 nuances, permet de dessiner sur porcelaine, sur faïence et sur verre, n' importe quel sujet : ornements, fleurs, scènes de genre ou paysage qui, soumis au feu, se vitrifie, s'incorpore à la pâte céramique et devient, par suite, à jamais inaltérable.

Cette invention est saluée par les artistes contemporains comme un progrès considérable dans le domaine de la peinture sur porcelaine ou sur vitrail. Jean DESBROSSES, artiste peintre, s'adressait ainsi à Monsieur LACROIX : "Grâce à vos recherches scientifiques, que vous poursuivez toujours avec la volonté de perfectionner encore les résultats acquis, vous nous avez dotés d'un mode nouveau d'application de l'art du dessin. "

Elle sera définitivement consacrée en 1896 par un concours de dessin vitrifiable organisé dans le Palais de L'Industrie aux Champs-Élysées de Paris. Cette découverte s'accompagne de deux innovations corollaires :

- La PASTELLINE, produit dont l'application donne aux surfaces vernissées ou glacées des porcelaines et des faïences un grain analogue à celui du papier à dessin,

- Le PYRO-FIXATEUR, appareil pour la cuisson automatique "chez soi" des dessins et peintures en couleurs vitrifiables. (En quelque sorte un mini-four pour décorateur, d'un poids de 45 Kgs environ).

L'ensemble sera exploité industriellement dans une usine créée en 1855 à Paris aux n° 172 et suivants de l'avenue Parmentier, importante artère du 11ème arrondissement. Aujourd'hui, l'avenue Parmentier se termine au n° 172 où s'élève un bloc d'immeuble récent de 12 étages, dominant les arrières de l'Hôpital Saint-Louis.

La Maison LACROIX connaîtra de nombreuses décennies de prospérité, exportant ses fabrications, en Chine en particulier. Elle survivra longtemps à son créateur (décédé en 1915, enterré à Paris) et ne disparaîtra qu'après la seconde guerre mondiale, vaincue sans doute par l'évolution technologique et la concurrence.

La résidence parisienne de Monsieur LACROIX était située 47 rue des Solitaires, .dans le 19ème arrondissement. Je m'y suis rendu. C'est une artère étroite, de 300 mètres environ, donnant sur la place des Fêtes, bordée d'habitations de faible hauteur, vétustés pour la plupart. On la dirait sortie tout droit d'un roman médiéval de Jeanne BOURIN.

Je n'ai rien vu qui ressemblât à la vaste demeure qu'habitait, m'a-t-on dit, Monsieur LACROIX et qui accueillit, après que sa famille l'eût quittée, une congrégation religieuse. Contraste fréquent à Paris, dans l'axe de cette ruelle, qui fleure les siècles passés, on aperçoit à faible distance, écrasant l'environnement de leurs masses gigantesques, les alignements d'immeubles de 25 à 30 étages qui ont défiguré ce secteur. Si la nature cicatrise rapidement les plaies qu'on lui inflige, la civilisation urbaine, elle, a tôt fait de recouvrir ses propres vestiges.

Monsieur LACROIX a fait agrandir à Pierrefitte le château des Alicourts où il résidait et construire la maison de Bellevue. La tradition orale a transmis 1'image d'une berline attelée de quatre chevaux qui lui permettait de regagner Paris dans des délais record, avec un relais de poste à mi-parcours. Elle s'est surtout fait l'écho de la grande générosité du châtelain des Alicourts, qui était Chevalier du Saint-Sépulcre de Jérusalem, 1'un des deux ordres reconnus par le Saint-Siège dans le monde entier. Les nécessiteux de la Commune - comme on disait !' a 1'époque - pouvaient toujours trouver quelque secours en frappant à la porte du château.

La plus grande preuve de cette générosité est évidemment la création des Maisons de la Commune.

Monsieur LACROIX a été élu Maire de PIERREFITTE le 25 Mai 1893 avec pour adjoint Monsieur Eugène HODEAU. Il sera réélu en 1896, 1900, 1904, 1908, cédant, en 1912, son siège à Monsieur Jules BALLAND. Il avait alors 79 ans.

C'est lors de la réunion du Conseil Municipal du 27 Mai 1900 que Monsieur LACROIX a annoncé son intention de faire don à la commune d'un terrain d'un hectare environ situé "en rive de la route de Chaon" et d'y construire à ses frais "des maisonnettes dans lesquelles seraient logés les nécessiteux de la Commune".

En 1904, les constructions sont terminées, les maisons sont habitées et le fonctionnement de 1'ouvre est définitivement organisé. Le premier août 1904, la Commune en devient complètement propriétaire. Ce même jour, elle adopte le règlement de "la propriété hospitalière de Pierrefitte-sur-Sauldre", chargeant le garde-champêtre de faire observer le règlement mais lui interdisant "toute taquinerie et ingérence dans les affaires particulières."

II n'y a pas - sauf rare exception - de sujet qui ne se puisse clore sur un sourire. Cette rapide esquisse ne déroge pas à cette règle.

Monsieur LACROIX tînt à dénommer lui-même les maisons de la Commune. On a ainsi, du Nord au Sud : Saint Martin, Saint Louis, Jeanne d'Arc, Sainte Marie, Saint Jean, Duguesclin. On sait qu'il avait une vénération pour la Pucelle d'Orléans. En témoignent les deux dons qu'il fît :

  • l'énorme toile, représentant Jeanne en armure, qui se trouve à l'église, dans la chapelle du Sacré-Cour, peinte par PICHAT, artiste en renom à l'époque, offerte en 1909 à l'occasion du mariage de sa fille,
  • la statue de la place de l'Eglise.

Que diable, si j'ose dire, le Connétable DUGUESCLIN, fidèle entre les fidèles de Charles V le Sage certes, mais plus prompt à taillader de 1'Anglais qu'à faire ses dévotions, venait-il faire dans cette phalange de Saints de première grandeur ?

La question demeurera, sans doute, à jamais sans réponse.

M.V.

N.D.L.R. : Je remercie tout particulièrement Madame de COLLEVTLLE, petite-fille de Monsieur LACROIX, qui nous a confié les photos de son aïeul, nous a procuré des notices techniques sur les productions de la Maison LACROIX et nous a fourni l'essentiel des informations permettant de rédiger cet article.

LES MAISONS DE COMMUNES

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En ce début de siècle que l'on nomma la "Belle Epoque", le monde rural reste un monde dur où le pauvre travaille tant qu'il en a la force parce que la cessation d'activité signifie la perte de toute ressource propre et tous les aléas de la condition d'assiste. Point de recours possible vers l'État ou la Société; le seul recours est la groupe familial.

Il n'est donc pas rare de voir, à Pierrefitte et ailleurs, de nombreuses personnes agées totalement démunies.

Dans chaque région, dans chaque village, de généraux donateurs vont essayer de venir en aide à ces malheureux.

Monsieur Adolphe LACROIX, maire de Pierrefitte, et l'un d'eux.

En 1900, il fait donation a la Commune d'une parcelle de terrain, dite "terre de la vigne", d'une contenance d'un hectare environ,- parcelle qui avait successivement appartenu à lsaac CHEVALIER, Maire de Lamotte-Beuvron, et à la famille JODIER.

De 1900 à 1904, il fait édifié de ses deniers personnels, six maisons d'habitation, une grande remise ou hangar à bois, un kiosque en fer sur soubassement en maçonnerie couvert de chaume, un puits avec pompe et des water-closets.

Chaque maison comprenait 4 pièces indépendantes ou "chambre à feu", qui étaient affectée au logement gratuit de gens nécessiteux, particulièrement des vieillards nés dans la commune ou l'habitant depuis 30 ans. Chacun n'occupait qu'une seule pièce. 24 personnes étaient ainsi hébergées.

Depuis 1904, aucune restauration n'est venue apporter un quelconque confort : pas de salle d'eau, pas de sanitaires. 80 ans après leur édification, ces habitations étaient dans leur état d'origine.

Une de priorité de la Municipalité fut la restauration de l'ensemble des bâtiments, afin de permettre l'hébergement décent des personnes âgées.

Les travaux sont toujours en cours mais, d'ici fin 1989, l'opération sera terminée. La totalité des travaux, échelonnés sur six ans, aura couté 1.500.000 frs. Ils auront été financés en partie par une subvention du CONSEIL REGIONAL et de l'ETAT (7000.000 frs) et par les fonds communaux complétés par un emprunt obtenu à un taux préférentiel.

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Disposition intérieure des maisons depuis l'origine

Disposition actuelle après les travaux d'aménagement

 

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Un angle de la pièce avant et après restauration

 

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Madame Berthe POUPAT et Madame Marie CARMIER devant leur logement rénové.

 

Monsieur et Madame OUDIN- LACROIX

Adolphe. LACROIX habitait aux Alicourts, en dehors de ses activités parisienne - Il avait succédé à son père dans la fabrication de couleurs vitrifiables

En ce début de siècle, une petite fille accompagnait Grand Père et Grand-mère à la messe, dans une magnifique voiture tirée par 4 chevaux.

Cette jeune fille allait devenir une des premières femmes à posséder son permis de conduire et à piloter la B12 ou la B14 familiale. Quand une panne arrétait le moteur capricieux, elle n'hésitati apas à intervenir elle-même. Elle épouse Monsieur OUDIN, jeune décorateur sur métaux. (Ils viennent de fêter leur 65 ans de mariage).

Quand la propriété familiale fut vendue, monsieur et madame OUDIN ne délaissèrent pas Pierrefitte mais vinrent chaque année, en vacances à Maubertin, chez leurs amis , Monsieur et madame BOURGERETTE.

Madame OUDIN s'est toujours attachée à poursuivre l'ouvre de son Grand Père. Aujourd'hui, elle est encore membre du Bureau d'aide sociale.

Monsieur et Madame OUDIN- LACROIX

Adolphe. LACROIK habitait aux Alicourts, en dehors de ses activités parisiennes - Il avait succédé à son père dans la fabrication de couleurs vitrifiables

En ce début de siècle, une petite fille accompagnait Grand Père et Grand-mère à la messe, dans une magnifique voiture tirée par 4 chevaux.

Cette jeune fille allait devenir une des premières femmes à posséder son permis de conduire et à piloter la B12 ou la B14 familiale. Quand une panne arrétait le moteur capricieux, elle n'hésitait pas à intervenir elle-même. Elle épouse Monsieur OUDIN, jeune décorateur sur métaux. (Ils viennent de fêter leur 65 ans de mariage).

Quand la propriété familiale fut vendue, monsieur et madame OUDIN ne délaissèrent pas Pierrefitte mais vinrent chaque année, en vacances à Maubertin, chez leurs amis , Monsieur et madame BOURGERETTE.

Madame OUDIN s'est toujours attachée à poursuivre l'ouvre de son Grand Père. Aujourd'hui, elle est encore membre du Bureau d'aide sociale.

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