La Chapelle Notre Dame des Septs Douleurs

On distingue bien les deux époques de construction de la chapelle :

les murs en pan de bois datent de 1600.

la façade et les murs en briques sont de 1863

 

La Chapelle

 

On distingue bien les deux époques de construction de la chapelle :

les murs en pan de bois datent de 1600.

la façade et les murs en briques sont de 1863.

 

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La chapelle Notre-Dame -des-Sept-Douleurs, qui tombait en ruine depuis de nombreuses années, occupe une place privilégiée dans le patrimoine pierrefittois. Sa restauration est peut-être l'occasion de mieux connaître cet édifice dont la renommée, autrefois, dépassait largement les frontières de notre commune.

Son origine - Sa légende :

Rappelons en quelques mots sa légende :

Deux boufs paissaient dans un pré : l'un mangeait beaucoup et maigrissait, 1'autre se contentait de lécher une grosse pierre et engraissait ! ! Le maître des animaux, ennuyé de voir 1'un de ses boufs maigrir et étonné de voir 1'autre grossir, les observa. Il s'aperçut du miracle et, par curiosité, souleva la pierre. II trouva alors une statue de la Vierge. On édifia une chapelle sur cet emplacement (Légendes de Loir-et-Cher - J. CARTRAUD).

Les historiens se sont interrogés sur cette légende que l'on rencontre dans d'autres villages. Louis de la SAUSSAYE (historien du XIX siècle) donne une explication rationnelle concernant le lieu de construction de la chapelle :

Chacun sait que Pierrefitte doit son nom à "Pierre fichée", c'est-à-dire pierre plantée. Cette pierre marquait la séparation entre deux tribus gauloises et servait aussi de monument religieux. La religion catholique faisait son apparition et se développait mais cette pierre est restée un objet d'adoration jusqu'à une période assez avancée (milieu du Moyen-âge 1100 à 1200).

La présence des bœufs de la légende léchant la pierre s'expliquerait par le fait que les gens du pays venaient adorer en secret le dernier monument de l'ancien culte et avaient soin de répandre du lait et du miel dessus comme le voulait la tradition. La chapelle serait donc édifiée à la place de cette pierre gauloise.

Tout ceci n'est bien sûr que légende ou hypothèse mais, par contre, des documents écrits nous permettent, à partir de 1600 (sous Henri IV) d'entrevoir l'histoire de notre chapelle.

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Aux 16ème et 17ème siècles, les voyageurs qui empruntaient le chemin Orléans-Bourges, à cheval ou à pied, tels ces maçons de la Marche qui remontaient en quête de travail, avaient coutume de passer la nuit dans une des cinq auberges ou "hostelleries" de notre village. La qualité de ces gites était, en effet, fort réputée à l'époque et, le soir, on n'hésitait pas à faire quelques kilomètres supplémentaires pour s'arrêter à "la Croix Blanche", au "Lion d'Or", au "Sermon", au "Trois Rois" ou au "Sauvage" (d'après Henri DELETANG).

C'était l'occasion de faire une halte à la Chapelle de la Maladrerie et, pour prendre soin de son âme, le Seigneur ou le Manant, le Commerçant ou le Mendiant, n'hésitaient pas à y jeter quelques offrandes. Il y avait bien un tronc placé à portée de main, mais on préférait jeter des pièces à travers les barreaux, sur le carreau de la chapelle.

En 1600, de gros travaux sont entrepris. Pierre DAVID, le charpentier, refait la charpente pour une somme de 30 écus 9 sols. Il semble que l'édifice a été entièrement modifié à cette époque mais qu'une "construction" (laquelle ?) existait déjà car, en 1598, il y eut un pardon à la Vierge Noire.

Pourquoi ce nom "Chapelle de la Maladrerie" en 1600 ?

La lèpre fut un des grands fléaux du Moyen-âge. Pierrefitte et la Sologne ne furent pas épargnés. II est fort probable qu'une Maladrerie (établissement où l'on "soignait" les lépreux existait à Pierrefitte, lieu de passage très fréquenté à l'époque (rare village où l'on pouvait passer la Sauldre à gué).

La chapelle, ou le bâtiment qui la précédait, devait appartenir à cet "hôpital".

Au cours des siècles, elle est devenue :

  • Chapelle des Miracles
  • Chapelle de la Bonne-Dame
  • Chapelle des Sept-Douleurs

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En 1600, Pierre DAVID, charpentier, a laissé son empreinte en numérotant les pièces de la charpente
(ici, la pièce n° VIII).

 

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La pièce maîtresse qui tenait les pans de bois tombait en poussière.

Elle a été remplacée grâce au don des familles BRUNEL-CARLIER.

 

De 1700 à 1800, aucun document n'apporte de précisions.

Mais, en 1824, Monsieur Pierre ROUSSEAU, Maire de Pierrefitte, va inaugurer une série de lamentations qui seront reprises par tous les Maires de la commune jusqu'en .... 1984 !

Que dit-il, ce brave homme, meunier à Villemignon ?

"Cette petite chapelle ... tombe aujourd'hui en ruine et est encore pour cette commune une charge locale difficile à supporter".

Malgré les difficultés budgétaires de l'époque (déjà ! ...) le petit édifice va être consolidé. On en fait une "cabane reconstruite en colombage".

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Le torchis remplissait les pans de bois qui alternaient avec des branches de bouleau ou de charme.
Ce pan de bois ne peut malheureusement rester apparent car il est placé en cornière et non de face.

 

La statue de la Vierge et la niche qui la renferment ont été replacées dans la muraille qui forme le fond de la cabane (d'après Louis de la SAUSSAYE).

Un grillage, en bois (!), ferme le pignon du côté du chemin. Cette muraille du fond porte la date "1829" (date mise à jour par James Archevêque au cours des travaux).

En 1863, nouveaux travaux très importan t: La chapelle va être agrandie et prendre la structure qu'elle a gardée jusqu'en 1984. L 'Abbé BOUCHASSON, Curé de Pierrefitte en 1863, décrit les travaux :

"La Chapelle de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs qui, autrefois, portait le nom de Notre-Dame des Miracles à cause des guérisons extraordinaires qui s'y opéraient, était jusqu'en 1863 dans le plus triste état. A part les deux murs de côté, le pignon et la couverture, on ne voyait rien autre que des carreaux tout verts et des murs tout salpêtrés. Elle était ouverte à tous les vents et les animaux pouvaient y entrer quand bon le semblait".

Monsieur l'Abbé BOUCHASSON s'adressa à quelques bonnes âmes qu'il connaissait à Paris et, après avoir reçu la plus grand partie de la somme qu'il lui fallait, il se mit à l'ouvre. Il la fit agrandir de huit pieds, c'est-à-dire autant que les ingénieurs voulurent bien lui permettre vu l'alignement qu'il était obligé de suivre.

Après l'allongement des deux murs latéraux, on éleva la façade qui regarde la route. Elle fut drainée car elle était très humide. Enfin, le plâtrier y mit la dernière main en faisant la voûte.

 

Monsieur Le DUC, Vicaire Général de Blois, est venu bénir la chapelle le l6 Juillet 1863. Et la même année, le 8 Septembre, on y disait la messe.

En 1868, une femme de la Ferté-Saint-Aubin venant demander à Notre-Dame des Sept-Douleurs la guérison d'une maladie qui la faisait souffrir depuis longtemps, fut complètement guérie avant d'arriver au terme de son pèlerinage.

Curé BOUCHASSON - 1868

Depuis un siècle, la chapelle n'a subi aucune transformation si ce n'est quatre énormes pilastres en béton élevés, il y a une trentaine d'années environ pour soutenir la voûte de plâtre et la charpente. Actuellement, c'est une restauration complète qui est en cours.

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Une réunion de chantier conduite par M.GASTON, architecte des Monuments de France.
On reconnait M.CARLIER, Maire, M.GUENARD Adjoint, M. le Curé DURAND, M.SALMON Maçon et M.GAUTIER.

 

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